Un temps propice pour notre
peuple est arrivé, - le temps des élections – qui fixera en grande partie
l'avenir de la Nation dans les années qui viennent.
Chacun doit se saisir de
l'obligation civique et suprême de voter aux élections en faveur du parti qu'il
pense être, en son âme et conscience, le meilleur – pour le bien de la Nation.
C'est pourquoi je ne dirai à
personne ce qu'il doit faire à ce sujet, quant à moi, personnellement, je vous confie
haut et court que je voterai sans hésiter "Mafdal-HaI'houd Haléoumi"
pour ce mandat. C'est bien pour les juifs, grâce aux arguments suivants :
A son époque, une question a
été posée au grand Sage, le Rav Zevin : pourquoi votait-il pour le Mizra'hi, le
Parti National Religieux, et non pour un parti ultra-orthodoxe, - donc encore
plus religieux ?
Le Sage répondit que le
Mizra'hi (qui donna naissance plus tard au Mafdal) était le plus religieux qui
soit car la Torah contient tout et englobe tout. Un parti religieux et national
ne doit pas se séparer pas de certains domaines d'action au sein du nouvel Etat
renaissant.
C'est une donnée exacte : un
parti politique est un pédagogue d'envergure nationale, - il doit être en
adéquation avec toute la Torah. Pour enseigner les mathématiques, un professeur
n'est pas obligé d'être religieux, contrairement à l'éducateur de la classe ou
de l'école. Mais plus haut encore, l'éducateur de la Nation se doit d'être un
pédagogue charismatique, convaincu et donnant l'exemple, une personnalité forte
en couleurs et en profondeur, pour faire le poids face aux charges de la Nation.
C'est pourquoi notre grand
maître, le Rav Kook était si déçu de la faiblesse des opinions, de la mollesse
des actions et du dilettantisme qui existaient au sein du Mizra'hi (Lettres II,
164).
De plus, notre situation
générale au regard de la Nation est au plus mal, très difficile et dangereuse,
dans tous les domaines spirituels, éducatifs, nationaux, sociaux, familiaux,
etc. Il ne nous suffit donc plus des habituels manutentionnaires politiques
même s'ils sont fidèles et dévoués (Orot 114), mais d'une tête de file
d'envergure qui sache insuffler un nouvel élan national, qui sache retendre le
ressort intérieur lâche et fatigué, qui sache recharger les batteries vidées de
la Nation. Il faut nous doter d'un chef puissant et déterminé, à la moralité
haute et impeccable, à l'esprit fort et sûr de soi, convaincu de son droit et
de ses devoirs et qui sache se mesurer aux besoins de la Nation entière afin de
la hisser vers les cimes qu'il n'a jamais lui-même quittées.
Pour autant, je ne suis pas
naïf au point de croire que le "Mafdal-HaI'houd Haléoumi" soit arrivé
au summum de la perfection, mais comme le Rambam nous suggère de juger toute
chose selon sa majorité virtuelle, il est évident que c'est dans ce parti que
la plus grande part du bon et du bien pour le peuple d'Israël s'y trouve.
La Torah et la Foi y tiennent
une place prépondérante ainsi que l'idée fondamentale du Peuple et sa Terre. Son
nom lui va bien : l'Union nationale. Ce qui fait sa gloire : un magnétisme pour
l'unité tant aimée et un dévouement sans faille pour cette unité galvaudée, au
prix même de déconvenues personnelles, - ce qui montre bien que ce sont des
hommes droits et idéalistes.
Car cette unité n'est pas un
vain mot sans aucun sens mais il s'agit véritablement du métier d'homme. Nous
aspirons tous à l'unité bien qu'elle soit si loin de nous. Elle n'est pas
seulement une union sociale, une association d'individus ou une coopérative
d'intérêt ou de pensée mais elle se place bien au-dessus de toute conception
intellectuelle d'unité.
Lequel des deux est le plus
important : le peuple ou la terre ? L'étude de la Torah doit-elle l'emporter ou
bien la charité envers les pauvres ? Ou peut-être l'éducation est au-dessus de
tout ? Pour nous, nous balayons d'un seul geste sans hésitation le fait même de
poser la question car la Torah est tout: "Torat Hachem temimah, la Torah
du Seigneur est parfaite." Nous proclamons: "Michpetei Hachem
Emeth, tsadqou ya'hdav, les prescriptions du Seigneur sont vérité, prises ensemble."
Nous manifestons : "Tout ce que dira le Seigneur, nous
ferons et entendrons."
Combien est ardu le travail
d'unité des idées et des pensées, la séparation, la dissension est si simple,
elle arrive d'elle-même ! Le travail d'unité des valeurs, le métier de paix
entre les antagonismes, réclame encore plus d'efforts et d'application. Encore
plus de peine et de sueur pour comprendre que ce qui nous unit est
infiniment plus grand que ce qui nous sépare.
C'est pourquoi j'octroie ma
confiance au parti "Mafdal-HaI'houd Haléoumi" et j'espère que par son
truchement nous nous emploierons au bonheur de notre peuple.
A son époque le 'Hazon Ich
affirmait que voter aux urnes est une mitsvah. On lui rétorqua : "Une
mitsvah au même titre que la la Matsah ?" Il répondit : "Une mitsvah
au même titre que le Maror amer ! Mais moi, je la considère comme une mitsvah
au même titre que la Matsah car nous espérons grâce aux élections accéder à
plus de liberté !"