
Effy Eitam
Aline Sultan
dimanche 5 février 2006 - 08:42
Ephraïm Eitam (surnommé Effy), est né en 1952 dans le Kibboutz Ein
Guev, au bord du lac de Tibériade.
A
la fin de service militaire, il décida de faire carrière dans l’armée.
Après
avoir combattu sur le Plateau du Golan durant la Guerre de Kippour, il fut
décoré pour sa bravoure.
C’est
en tant qu’officier, qu’il participa à la guerre du Liban.
Durant
la première Intifada, entre 1988 et 1989, il commanda l’unité Guivati.
Soupçonné
d’avoir donné des ordres illégaux qui auraient entraîné des punitions
collectives de Palestiniens de Gaza, il fut blâmé par Ehoud Barak, le chef
d’état-major de l’époque, qui tentera par la suite, de l’empêcher de gravir les
échelons de l’armée.
Toutefois,
deux ans plus tard, en 1994, il fut élevé au grade de colonel.
De
1998 à 1999, il dirigea les forces de Tsahal positionnées au Sud Liban.
En
janvier 2001, après 30 ans de carrière, il quitta les rangs de l’armée et
quelques mois plus tard, il décida d’entrer dans la politique.
En
avril 2002, Ariel Sharon le nomma ministre sans portefeuille, puis ministre des
Infrastructures nationales et dans le gouvernement suivant, il fut ministre de
l’Habitat et du Logement.
Devenu
chef du parti national religieux (Mafdal), il s’opposa fermement au plan de
retrait de la Bande de Gaza et du nord de la Samarie. En juin 2004, après le
vote du gouvernement en faveur du retrait, il présenta sa démission, de même
que le rav Ytshak Lévi.
Zvoulon Orlev, ministre des Affaires sociales du même parti, décida de rester
dans le gouvernement, ce qui entraîna une crise au sein du Mafdal. En
définitive, Orlev remplaça Effy Eitam à la tête du parti.
Avec
le rav Ytshak Lévy, il décida de créer un nouveau parti: "Sionisme
religieux" et s'allia au Ihoud Leoumi.
Effy
Eitam est un des rares hommes politique qui soit resté fidèle à son idéologie.
Il exige une ligne dure contre les terroristes : "Israël doit
sortir vainqueur de la guerre qui lui a été imposée, afin d'empêcher un conflit
plus grave". Selon lui, "les membres de l'actuelle direction
palestinienne sont des criminels qu'il faut écarter (...) Arafat a appelé un
million de martyrs pour Jérusalem et menace tout le Proche-Orient d'une guerre
de religions. Personnellement je le ferais juger pour meurtres afin qu'il soit
pendu."
Il
se déclare pour la Feuille de route, à condition que les Palestiniens cessent
leurs actions terroristes et choisissent d’être dirigés par un personnage qui
renonce à la violence. «Les Palestiniens qui accepteront de rester chez nous
sans citoyenneté seront autorisés à le faire. Les autres partiront vivre en
Jordanie, qui deviendra l'Etat des Palestiniens. La seule raison d'être
d'Israël est d'être un Etat réellement Juif dont le premier fondement sera le
territoire : la partie occidentale de la Terre d'Israël, de la mer au Jourdain.
Là est l'espace vital du Peuple Juif.»
Il
approuve la construction de la barrière de séparation, dans la mesure où son
tracé maintient les «blocs d’implantations Juives» côté israélien.
Le
plus important, selon lui, c'est de veiller sur le caractère Juif de
l’Etat d’Israël:
«Le pays est en guerre. Sa composante centrale, le judaïsme, est
marginalisée. Il faut la mettre au cœur de notre société. La conception laïque
du sionisme a échoué»
«Vivre
dans un pays qui est une pâle copie de l'Amérique ne vaut pas de prendre des
risques», dit-il.
«D'autant qu'Israël n'est pas un havre de sécurité puisqu'il est le pays le
plus dangereux pour les Juifs, et qu'au lieu d'empêcher l'antisémitisme, il le
génère. Israël n'a pas pour vocation d'être un pays comme les autres. La seule
chose qu'il puisse offrir, c'est d'être un Etat Juif"
Marié
et père de 8 enfants, dont quatre garçons, qui servent tous dans l'unité
d'élite "Egoz", il habite dans la localité Nov, sur le plateau du
Golan.